
Oui, période de ponts, d'un peu de soleil qui chauffe nos (vieux?) os, un billet chez Pascale qui donne envie alors, petit détour par le mot oisiveté.
Encore un qui n'est pas bien connu, pas trop couru. On le confond avec paresse, à cause sans doute des phrases comme "L'oisiveté est la mère de tous les vices". Je ne suis pas du tout d'accord!
Son origine ne l'aide pas: oisif, oiseux (du latin otiosus): qui ne sert à rien, ne mène à rien-> donc, inutile, vain, et puis désoeuvré, inactif, inoccupé. Mais justement: inoccupation, voilà un mot qui mérite qu'on s'y arrête. Savoir, dans le monde rentable et efficace qui est le nôtre, savoir se détourner, parfois, de tout ce qui nous occupe à notre insue: tout est fait pour que nous n'ayons pas le temps de nous arrêter, de se poser, de regarder! Les "occupations" justement sont multiples.
Je crois que c'est Hannah Arendt (philosophe) qui décrit très bien l'oisiveté comme la capacité à pouvoir s'intéresser au monde qui nous entoure sans distraction.
Alors oui, en ce qui me concerne, j'apprends l'oisiveté! Parfois, par petits moments, je stoppe tout et accepte de ne rien faire. Ce n'est pas facile! Je ne plaisante pas!! Il y a toujours quelque chose à faire et puis, vous, je ne sais pas, mais moi j'étais entourée d'adultes qui, a l'adolescence surtout, nous "secouaient" si on ne faisait rien: tu devrais faire ceci ou celà; pourquoi pas une ballade; pourquoi pas un jeu...sans doute par crainte que l'on rumine dans son coin? Par peur de l'ennui? Occupation à tout prix. Quand on est occupé, on ne pense pas, parce que "penser"... ça serait risqué?
Car, dés que l'on s'arrête, le temps passe bien sûr beaucoup plus lentement...les idées viennent, les questions arrivent. Alors, sans vouloir jouer les "moines zen", je persiste en direction de l'oisiveté: ça s'apprend, et cela permet de regarder ce et ceux qui nous entourent disons, plus attentivement!
Bon farniente à ceux qui le peuvent.
