Un peu d'Histoire
Par Marie Estelle le dimanche 14 décembre 2008, 07:26 - emploi - Lien permanent
Le 31 décembre 1958 était signée une convention qui marque la naissance de l'assurance chômage.
Est-ce pour cela que la date du 1er janvier 2009 a été choisie pour marquer la naissance du Pôle Emploi? Peut-être.
Que se passait-il avant cette date en France pour les "chômeurs" - qui ne l'étaient pas encore - et encore moins "chercheurs d'emplois"?
En préambule, deux citations:
- La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793: « les secours publics sont une dette sacrée et que la société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler » (article 21).
- La Déclaration des Nations unies de 1948: « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. »
En fait, on assiste à un changement du terme "assistance" à "assurance". Avant (1958), et y compris sous l'Ancien Régime, c'est affaire d'assistance et de charité aux plus démunis. Ce sont les paroisses et les dons des particuliers. Puis, progressivement, cela devient affaire des communes, puis de l'Etat (pour résumer), sans oublier le rôle des syndicats et des fonds d'aides aux ouvriers.
Il y a un exemple très intéressant de ce qui se passe pendant la Révolution développé par un universitaire (Dominique Godineau, Université de Rennes II) "Les secours aux indigents, un droit ou une faveur" (qui rappelle aussi que la perception ne date pas d'hier!).
C'est intéressant car on y découvre qu'il y avait une crise du travail importante (1786) et comment l'Etat s'organise pour faire face à l'arrivée croissante de personnes privées de travail (à noter que l'analyse porte aussi sur le travail des femmes, et comment les hommes d'alors investissent le travail féminin dans les filatures, privant les femmes d'emploi!).
En fait, l'une des réponses (toujours en vigueur) est de créer des chantiers nationaux - comme la canalisation de l'Ourcq - (et des "ateliers de secours" en province): l'Etat engage des travaux permettant de générer des emplois. La question n'est pas toujours réglée de savoir si ces emplois permettent de vivre et une partie est toujours laissée aux dons (privés et publics).
Il est aussi intéressant de regarder ce qui s'est passé en 1958 et dans les années qui suivirent. Un excellent récit signé André Bergeron - qui faisait partie des acteurs impliqués dans la convention - en retrace la genèse et le contexte. Même s'il est de "parti pris" (FO) c'est un témoignage incontournable. Au passage, il précise qu'à la naissance de l'UNEDIC, le nombre de chômeurs indemnisés était de 24.000...On peut y découvrir les tentatives d'adaptation progressives du système face aux crises, au nombre croissant de demandeurs d'emploi, et à la complexité accrue des situations.
A noter également, que l'ANPE voit le jour en 1967, soit presque dix ans plus tard, dans une volonté, d'une part, d'observatoire de l'emploi (statistiques, etc) et d'autres part de force de proposition d'emploi. Comme si le débat des origines (Révolution) était toujours resté latent: aider financièrement et/ou aider au retour à l'emploi.

La convention de 1958 a été suivie d'au moins 16 autres conventions qui l'ont aménagée et/ou modifiée (la dernière en 2006). Et celle de 2008 donc qui voit le rassemblement des deux entités Assedic/ANPE. Reste à savoir si ceci permettra de continuer à affirmer le ET (aide financière et aide au retour à l'emploi), finalement récent, plutôt que le ET/OU...
Crédit Illustration 1 et illustration 3.
