chemindetraverse Un billet du dimanche soir sur une lecture du samedi, trouvée au hasard de mes déambulations dans ma librairie préférée.

Un billet qui n'est pas sans rapport avec l'emploi, puisqu'il s'agit du programme de français/ culture générale et expression du BTS, 2009-2010 (Thème 2): le détour.

Incroyable! J'étais tellement stupéfaite devant l'étal de livres et fiches "pratiques" (rayon, économie, management, prépas) de voir apparaître le mot "détour" que je n'ai pu m'empêcher d'en discuter avec la libraire (qui, soit dit en passant, avait sans doute du mal à comprendre mon enthousiasme).

D'ailleurs oui...pourquoi cet enthousiasme? Parce que nous sommes à une époque d'efficacité et de droite ligne, et que je ne m'attendais pas à trouver ceci dans le Bulletin officiel N°10 du 6 mars 2008 du Ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche:

" Problématique: A l'heure des autoroutes, des TGV, des GPS, et d'Internet, le détour est vécu comm une perte de temps insupportable. Aller droit au but semble être une règle, une norme admise par tous. Pourtant, le détour est une modalité du voyage, de l'action, du raisonnement, du discours. Le détour, même au risque des pertes qu'il peut engendrer, apprend et enrichit. Il peut être un art de vivre."

Et la suite est tout autant réjouissante. On y évoque la liberté, le temps, le voyage (un parcours qui "mérite le détour" ou "au détour du chemin"), le labyrinthe, la digression, l'étonnement, la subtilité, la diplomatie, le contournement, l'errance, la courbe....

Une vraie merveille, tant du point de vue du raisonnement que de l'action.

Et l'on y croise (dans la bibliographie): Bouvier, Homère, Dumas, Melville, Murakami, London; et dans la filmographie: Wenders, Kaurismakï, Tarkovski, Lynch, Moretti... pour ne citer qu'eux.

Ce pourrait-il que l'on (on=quelque chose du politique, et en tout cas de l'éducation) commence à comprendre que l'attaque frontale du monde actuel n'est pas toujours la bonne? Aurait-on des vélléités d'éduquer le regard, d'ouvrir les esprits, de changer de stratégie? La pensée asiatique serait-elle passée par là? Que se passera-t-il si des jeunes gens en BTS commencent à penser, un peu, autrement et enrichissent ainsi le monde de l'entreprise avec des approches, un peu, différentes?

Dans mon enthousiasme, j'ai fait l'acquisition de trois petits guides destinés à réviser le programme. Je ne saurais trop conseiller à ceux que ça intéresse de faire de même. Ces guides étant des guides "pratiques", ils synthétisent, donnent des directions et ouvrent et nourissent la réflexion. Il est aussi intéressant de voir comment ils sont conçus. Quels sont les exemples concrets qui sont développés.

Je trouve tout cela plutôt réjouissant: penser à sortir de l'immédiat et du direct pour envisager la distance et la courbe! Et vous? Que pensez-vous du détour?

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