liens

Je ne résiste pas à l'idée de Christine06 qui me propose d'explorer l'éthymologie du mot "lien" (après, promis, je varie un peu les plaisirs et les billets, sinon, à la fin de l'année, ce blog ressemblera à un dictionnaire arbitraire!).

Tout a commencé avec une citation d'Albert Jacquard: "Nous sommes ces liens que nous tissons", dans un billet de Christine. Je ne pouvais passer à côté, car c'est une des citations que j'aime particulièrement. Ensuite, cela c'est poursuivi, au fil (<-suivez mon regard) des commentaires et des échanges.

Pour moi, c'est aussi un livre, à qui j'emprunte le titre de ce billet "De tout petits liens" de François Laplantine (Essai, Mille et une nuits, 2003).

Ce livre, écrit par un chercheur et professeur d'anthropologie (Lyon 2), est une petite merveille. Il y expose et y analyse les notions de petit (par opposition à grand) et la possibilité de "lien" entre les personnes, les choses, qui s'y cachent. Plusieurs exemples sont développés, dans les domaines du cinéma, de la littérature, ou de la philosophie.

Il invite à un changement de regard, d'angle: ce qui est "grand" peut-être le risque totalitaire; le "petit" est un réservoir de possibiltés. Juste, une citation de Fernando Pessoa (dans "Le Livre de l'Intranquilité") qu'il donne en préambule à l'un des chapitres: "Je ne puis regretter profondément de n'avoir pas été un empereur romain, mais je peux regretter amèrement de n'avoir jamais seulement adressé la parole à la petite couturière qui, vers neuf heures, tourne toujours à droite au bout de la rue".

Donc lier (ligare) "mettre ensemble" (ce qui veut dire aussi "mélanger", et métissage), associer, interdépendance (et ne comptez pas sur moi pour vous donner les autres sens: enchaîner, astreindre, obliger, ligoter, etc).

"Nous sommes ces liens que nous tissons", veut dire, nous sommes avec les autres, pas tout seuls; ce que nous pouvons faire, parfois, avec ces blogs et leurs commentaires, avec les interactions, les petites choses (pas les grandes des super héros!). Ce "avec" qui génère un (petit) plus. Cela va sans doute en énerver certains, mais, voilà pourquoi j'aime le mot "lier", et pourquoi je me méfie, toujours, du mot "grand".

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