Oisiveté
Par Marie Estelle le dimanche 11 mai 2008, 06:31 - feeling - Lien permanent

Oui, période de ponts, d'un peu de soleil qui chauffe nos (vieux?) os, un billet chez Pascale qui donne envie alors, petit détour par le mot oisiveté.
Encore un qui n'est pas bien connu, pas trop couru. On le confond avec paresse, à cause sans doute des phrases comme "L'oisiveté est la mère de tous les vices". Je ne suis pas du tout d'accord!
Son origine ne l'aide pas: oisif, oiseux (du latin otiosus): qui ne sert à rien, ne mène à rien-> donc, inutile, vain, et puis désoeuvré, inactif, inoccupé. Mais justement: inoccupation, voilà un mot qui mérite qu'on s'y arrête. Savoir, dans le monde rentable et efficace qui est le nôtre, savoir se détourner, parfois, de tout ce qui nous occupe à notre insue: tout est fait pour que nous n'ayons pas le temps de nous arrêter, de se poser, de regarder! Les "occupations" justement sont multiples.
Je crois que c'est Hannah Arendt (philosophe) qui décrit très bien l'oisiveté comme la capacité à pouvoir s'intéresser au monde qui nous entoure sans distraction.
Alors oui, en ce qui me concerne, j'apprends l'oisiveté! Parfois, par petits moments, je stoppe tout et accepte de ne rien faire. Ce n'est pas facile! Je ne plaisante pas!! Il y a toujours quelque chose à faire et puis, vous, je ne sais pas, mais moi j'étais entourée d'adultes qui, a l'adolescence surtout, nous "secouaient" si on ne faisait rien: tu devrais faire ceci ou celà; pourquoi pas une ballade; pourquoi pas un jeu...sans doute par crainte que l'on rumine dans son coin? Par peur de l'ennui? Occupation à tout prix. Quand on est occupé, on ne pense pas, parce que "penser"... ça serait risqué?
Car, dés que l'on s'arrête, le temps passe bien sûr beaucoup plus lentement...les idées viennent, les questions arrivent. Alors, sans vouloir jouer les "moines zen", je persiste en direction de l'oisiveté: ça s'apprend, et cela permet de regarder ce et ceux qui nous entourent disons, plus attentivement!
Bon farniente à ceux qui le peuvent.




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Commentaires
Merci Marie ! Toujours fort intéressant !
J'ajouterais juste "ne pas culpabiliser"... J'ai longtemps culpabilisé de faire la sieste, de feuilleter un magazine, de fermer les yeux et d'écouter la vie... au regard de tout ce que j'avais à faire en parallèle, j'avais l'impression de perdre du temps et lorsque je reprennais le cours normal de l'action, je culpabilisais --> d'où mauvaise humeur --> donc aucun bénef.
Et puis, la vie nous fait parfois des pieds de nez (des bosses comme dirait Christian) et on ne voit plus rien de la même manière...
Aujourd'hui "être oisive" est synonyme pour moi de "profiter" et même si c'est très (très) rare, j'en profite à 200%;
Voilà ! vu le temps magnifique je pense que j'en profiterai cet aprèm pour bronzer un peu (être oisif productif quand même)
bon dimanche à toi !
Bon bronzage, marseillaise, va!!
Bon, moi j'ai jardiné en tous sens et là, je vais profiter de la fin de journée avec, devines quoi...une mauresque! Une grande, très coupée à l'eau avec des glacons. Yess!
et les boules de pétanque ? elles sont où les boules de pétanques ???
Ouh la...trop fatiguée pour ça ce soir! (mais j'ai ma panoplie Obut, rapportée du Mondial de La Marseillaise, hé!)
Coucou Marie !
cette rubrique étymologique est un délice !
Ou découvrir que "la capacité à pouvoir s'intéresser au monde qui nous entoure sans distraction." est oisiveté...
Un petit clin d'oeil pour toi chez moi !
Profitez bien de cette journée d'oisiveté !
Les moments d'oisiveté, farniente sont nécessaires pour repartir d'un bon pied dans d'autres activités !
@Christine: très bonne idée; je vais y travailler!
et merci
@Carole: oui, ton moment d'oisiveté sur les bateaux mouches est bien réussi! On en veut d'autres!