La loi des séries, vous connaissez? En écrivant ceci, je contredis apparemment le titre de mon précédent billet, si ce n'est qu'il s'agissait juste d'un jeu de mot trop tentant!
On invoque cette loi bien souvent quand se produisent à une fréquence rapprochée des évènements généralement négatifs (vous ratez une marche, puis vous renversez votre café, vous arrivez en retard...) ou catastrophiques (crash d'avions). Ou si, comme moi, vous avez deux accrochages avec votre voiture en moins de 10 jours (jamais deux sans...), dont un dont je ne suis absolument pas responsable (et qui fait que le coffre de ma voiture ressemble maintenant à une compression de César)!
En tant que chercheurs d'emplois on peut aussi être facilement enclins à l'évoquer: un entretien raté, un suivant, un rendez-vous manqué... = je suis poursuivi par le sort (= aussi, dépréciation, déprime, etc).
Et je n'évoque pas ici des circonstances bien plus lourdes où le sort - étymologie: du latin sortem; serrere, enfiler; comme série par exemple - semble tellement s'acharner qu'il pourrait bien être animé d'une maligne intention à vouloir faire courber les têtes.
Alors, qu'on se le dise, la loi des séries n'existe pas! (en tout cas, pas comme nous le croyons).
Il y a plusieurs explications à tout cela. Certaines sont d'ordre cognitives et psychologiques, d'autres d'ordre mathématiques et statistiques. On peut dire que l'ensemble est un mélange des deux. Nous négligeons bien souvent la nature de notre perception des choses et les biais cognitifs qui s'y rattachent.
Je ne vais pas développer ici ce que d'autres on fait (avec brio), aussi, je vous livre une petite sélection de lectures sur la question qui devrait vous inviter à "think positive"!
- Un excellent (et surréaliste!) article de Wikipédia sur la loi de Murphy, celle de Finagle et d'autres; où l'on trouve notamment l'explication savoureuse de l'histoire de la tartine beurrée (vous savez, une tartine tombe toujours du côté beurré, ce qui est, bien sûr, très désagréable, et pas forcément vrai!).
Et cette phrase au passage, dite du "rasoir d'Hanlon" : « N'attribuez jamais à la malignité ce qui peut être expliqué bien plus simplement par la bêtise ».
- Ce très pertinent article (qui m'a aussi donné l'occasion de découvrir son blog) du chercheur en sciences politique Thierry Vedel, intitulé "La loi des séries".
- Enfin, un billet du Figaro.fr Sciences, signé Jean-Luc Nothias, qui fait le point de façon claire et concise sur la question.
Bonne lecture et, souvenez-vous, n'oubliez pas de prendre un peu de distance, même si parfois c'est évidemment plus facile à dire qu'à faire!
L'une des méthodes (un outil), basique en psychologie, consiste à se représenter les faits comme s'ils se déroulaient sur la scène d'un petit théâtre: vous mettez en scène et vous regardez. C'est tout bête, mais permet d'instaurer, parfois, un peu de cette distance salutaire!

Crédit illustration (à noter, cette excellente série collection que sont "Les Petites Pommes du Savoir", et aussi Commedia dell'Arte.